Auteur Sujet: Descente du Rhône en kayak - Bis  (Lu 20957 fois)

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Hors ligne Pierre

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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #15 le: 01 mai 2013, 18:19:39 »
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entre Arles et la plage Napoléon, ne faisait que 16 km environ


Il y a presque 30 km qui ont disparu là, d'Arles à l'embouchure du Rhône il y a presque 50 km.   :yes:
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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #16 le: 01 mai 2013, 21:12:05 »
Beau récit, très instructif. L'Ysak n'est peut être pas le plus adapté pour les rapides.
Tu n'as pas eu envie d'essayer le surf statique sur la vague en bas du seuil?
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Re : Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #17 le: 01 mai 2013, 22:02:26 »
 :D Hello
 
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entre Arles et la plage Napoléon, ne faisait que 16 km environ


Il y a presque 30 km qui ont disparu là, d'Arles à l'embouchure du Rhône il y a presque 50 km.   :yes:

Ah ouais, là, j'ai tout faux.  :mur:  En fait ma dernière étape partait de la cale qui se trouve à l'arrivée du canal de navigation du Rhône au port de Fos-sur-Mer. J'avais scindé le parcours depuis Arles en deux (Arles / Barcarin : 39 km et Barcarin / Napoléon : 16 km), justement pour ne pas me mettre trop de pression à l'arrivée (quoique pour une bonne pression bien fraiche je ne dis jamais non). Effectivement Pierre, depuis Arles tu as environ 50 km ou peut-être 55 km (méthode google earth) et pour ma dernière étape je me suis dit qu'il fallait profiter des derniers instants sur l'eau.
 
Merci à Pierre pour sa remarque opportune.  :good:
 
Tu n'as pas eu envie d'essayer le surf statique sur la vague en bas du seuil?

Je ne sais pas de quel seuil tu veux parler :yes: Et en plus le surf statique ch'ai pas faire  :cry2:
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Re : Re : Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #18 le: 01 mai 2013, 23:01:39 »
Je ne sais pas de quel seuil tu veux parler :yes: Et en plus le surf statique ch'ai pas faire  :cry2:
le seuil entre Chancy et Pougny, là où tu s pris 3 photos, la première montre bien la vague en bas du seuil qui doit permettre de rester au surf sans parcourir de distance en mettant le nez du kayak vers l'amont. Le plus dur est d'aller le chercher, ensuite, il n'y a rien à faire, la vague fait le boulot :yes:
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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #19 le: 02 mai 2013, 09:12:54 »

le seuil entre Chancy et Pougny, là où tu s pris 3 photos, la première montre bien la vague en bas du seuil qui doit permettre de rester au surf sans parcourir de distance en mettant le nez du kayak vers l'amont. Le plus dur est d'aller le chercher, ensuite, il n'y a rien à faire, la vague fait le boulot :yes:

 :good:  Ah ouais mais alors là, euh ... ch'ai vraiment pas faire du tout. Et c'est dommage parce qu'avec un Kayak adequat, effectivement il y avait peut-être de quoi s'amuser ce jour.  :D  Mais le seuil était assez impressionnant vu de ce côté. Car le creux de la première vague que l'on voit, le kayak y entre tout entier  :unsure:
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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #20 le: 04 mai 2013, 21:24:42 »
Bonne nouvelle : ce forum est vivant et bien vivant!
Je viens de m'absenter une semaine, et je peux vous dire qu'en une semaine il s'y en est passé des choses, des nouveaux inscrits, des discussions, des nouveaux sujets... (gros boulot à rattraper pour un modo :D )
 
Celui-ci, lancé par Rikou, m'intéresse particulièrement .... évidemment.
 
Ta narration est passionnante, continue, on attend la suite!  :yes:
 
Une question (avec un peu de retard, désolé) : pourquoi as-tu repris ta descente à Creys Malville, et non où tu l'avais laissée suite à ton chavirage, cela t'a fait manquer une des plus belles parties du Rhône?
 
« Modifié: 05 mai 2013, 19:34:39 par ours »
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Re : Re : Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #21 le: 04 mai 2013, 21:37:42 »
Effectivement Pierre, depuis Arles tu as environ 50 km ou peut-être 55 km (méthode google earth) et pour ma dernière étape je me suis dit qu'il fallait profiter des derniers instants sur l'eau.
 

Si je peux me permettre, il y a kilomètre et kilomètre...
Certains vont nettement plus vite que d'autres. Les 50 derniers kilomètres du Rhône n'en finissent pas car il n'y a plus de courant pour aider.
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Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #22 le: 05 mai 2013, 20:26:01 »
  :D  Salut à tous
 
On se retrouve pour la suite de cette épopée rhodanienne. Je reprends mon récit, là où je l'avais quitté, au bivouac à Valbonne. L'étape du jour fait 43 km et s'achève après le pont de Vernaison, en rive gauche, au niveau du restaurant "chez Paul'O", sur l'île de la Table Ronde
Il s'agit d'une étape particulière car, je vais traverser Lyon, je vais effectuer quatre portages, mais surtout, je vais retrouver mon épouse  :winkiss:  et mes trois fils qui sont venus me soutenir et m'encourager. Bon, d'accord, cela fait à peine un jour que je les ai quittés ... mais bon ... C'est surtout qu'après cela, je ne vais plus les voir pendant un peu plus d'une semaine  :cry2: "L'homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois ...", je rajouterais qu'il a le cœur tendre. ;)
 
Bon bref, deux rencontres sont prévues durant cette étape, la première vous venez de la découvrir. La deuxième tient plus du repos du guerrier, ou du repos du marin après une longue traversée, puisque je dois retrouver un "pote", chargé de victuailles, tonneaux et gobelets, pour une dernière beuverie  :saint:  avant mon véritable départ pour ces eaux mystérieuses et pleines de dangers, qui filent vers une lointaine mer australe.
 
Donc, le premier portage se profile à l'horizon, puisque le barrage de Jons approche à grands coups de pagaie. Sauf que, plus je me rapproche et plus je m'aperçois qu'il y a des travaux. Et j'ai eu la confirmation de ce que je craignais. Il y a effectivement des travaux qui m’empêchent d'accoster ...   :censure:  Merde, comme l'a dit Cambronne, et, Re-Merde comme je l'ai dit moi-même.
 

 
Je me vois donc contraint de continuer sur le canal de Jonage, moi qui voulais passer par celui de Miribel. Alors, à partir de là, ce fut l' Aventure car je n'avais pas beaucoup repéré de ce côté-ci, et je suis allé de surprises en surprises.
 
Premier obstacle imprévu : le barrage de garde dit barrage hydroélectrique de Jonage (qui se trouve sur la commune de Meyzieu d'ailleurs). Alors quand j'écris imprévu, c'est dans le sens que je n'avais pas planifié son franchissement, puisque je n'avais pas prévu de passer par là. En m'engageant dans cette voie, il était tout à fait prévisible que je rencontre cet obstacle car il est là depuis plus de cent ans.  :blink:
 
Arrivant rive gauche, j'ai repéré un vieux ponton en bois, tout délabré, mais qui m'a permis d'accoster et de me frayer un chemin à coups de machette :ph34r: à travers les joncs, jusque sur le bord où m'attendait un petit sentier fort bien sympathique. De retour au kayak, après un repérage nécessaire et n'ayant remarqué aucune cale au loin, ou dans les environs proches, j'ai repris le fil de l'eau et je me suis engagé dans cette espèce de lône qui se trouve à gauche, juste avant le barrage, pensant pouvoir atteindre la rive et mon sentier précédemment repéré, sans mal.
 
Riche idée :lightbulb: que voila, car il y avait très peu d'eau et beaucoup de vase. Je m'y suis retrouvé coincé, dans l'impossibilité de pagayer. Une autre riche  :lightbulb:  idée m'est venue. Celle de m'extirper du kayak et de m'appuyer sur la vase pour avancer jusqu'à cette petite "plage" de galets que je voyais pas très loin, à environ 30 mètres.
 
En enfonçant la pagaie dans la vase et en m'apercevant de la grande partie  :huh:  qui venait d'y disparaître ... j'ai tout de suite compris que cela n'allait pas être une sinécure. Malgré tout, en m'appuyant sur ma pagaie je sors ma jambe droite, qui s'enfonce aussitôt jusqu'à mi-cuisse. Heureusement que je n'ai pas eu le temps de sortir l'autre jambe qui est restée dans l'hiloire. J'y serais encore, transformé en perchoir pour oiseaux migrateurs, ou pire, en tas de guano !!!
 
Bref, j'ai réussi, tant bien que mal, à atteindre cette fameuse plage de galets, et à faire face à une nouvelle difficulté. Monter le kayak sur le sentier, situé à quelques mètres au-dessus … A ce moment , je me suis demandé si je ne m'étais pas trompé de « crèmerie » … Kayak ou Galère ?  <_<
 
     
 
Bref, après avoir déchargé le kayak, vidé les caissons à l'avant et à l'arrière, transporté une partie du matos sur le sentier et hissé le kayak sur ce même sentier  :mur: , c'est couvert de boue, affamé et fourbu que j'ai pris une collation bien méritée, avant de reprendre mon expédition.
 

 
Jusque là je n'avais pas encore véritablement l'impression d'avoir quitté le milieu naturel, plus ou moins préservé, dans lequel j'évoluais depuis un jour. Disons que je n'avais pas eu le temps d'y penser. Ce n'est pas la navigation face au vent dans la baie du Grand Large qui changea cette sensation mais bien le passage du pont de Decines où j'ai ressenti comme une chaleur pesante, tombant tout doucement et nappant l'espace devant moi d'un voile diaphane, troublant légèrement l'horizon.
 
Et c'est sous cette chaleur accablante  :cry2: que j'abordais la Centrale électrique de Cusset et son portage d'environ 750 m. Portage sans difficulté puisque l'on peu aisément sortir le kayak de l'eau, en rive droite avant le barrage. Et reprendre par la rampe plus loin, au niveau du club de kayak (ou ancien club!). Aucune difficulté donc à part ... ces deux bobos, septuagénaires, bikinisantes mais bien étendues au travers de mon chemin et dont il a fallu pousser les corps, huilés d'onguents synthétiques, jetés en pâtures aux rayons solaires destructeurs  :colere: , se nourrissant de l'épiderme de ces siréniens des temps modernes.
 
 
 

 
Je poursuivais ma navigation redoublant de vigilance, en guettant avec impatience la cale en rive gauche, à proximité de la station d'épuration de la Doua, juste avant le pont de l'autoroute.
 
Un court portage effectué, une petite collation avalée, je repris l'eau non sans avoir au préalable pris le temps de contempler ces deux seuils rugissants et éclaboussant d'écume blanche cet intrépide free-styler, qui ose défier le puissant Rhône, sur son frêle esquif … bon, euh … ce jour là … y avait dégun … :voyons:
 

 
C'était pas grave car j'étais attendu sur les berges, près de l'ancienne « fosse aux ours », par ma moitié et mes tiers. Laissant derrière moi cet immobile mascaret, je me disais que le plus dur était passé et que j'allais tranquillement évoluer dans un Rhône canalisé, bordé d'immeubles, de grues, de fumées, de bruits, … bref de vie quoi !
 
Et ben non  :nosad:  Enfin pour les immeubles, les grues, les fumées, les bruits, … bref la vie quoi ... j'avais raison. Mais, pour le reste, je me suis vite rendu compte que dans ses premiers kilomètres dans Lyon, le Rhône n'était pas un long fleuve tranquille et qu'il pouvait être animé, de bouillonnants tourbillons, de tourbillonnants bouillons, un coup dans un sens, un coup dans l'autre, qui vous font dévier de votre trajectoire aussi facilement que le revers d'une main pourrait vous enrhumer (enfin presque)  :lol:
 
Heureusement, j'ai réussi à redresser la barre juste à temps - Pour arriver triomphant - Tel un Gabart ou un Tabarly - Devant mes admirateurs transis - Joignant l'art et la manière - D'accoster entre Wilson et La Guillotière  :smartass:
 
Merci Rhône de m'avoir fait croire - Qu'un instant je pouvais te dompter - Maintenant je m'en vais boire - Et jusqu'à la lie me désaltérer.
 

 
Après avoir suscité l'admiration des miens et la curiosité de quelques badauds. Je me frayais un passage à travers les cygnes tuberculés qui avaient envahi la cale. Et c'est, non sans un léger pincement au cœur (souvenez vous … l'homme de la Pampa …) que je repris le fil de l'eau en direction du barrage de Pierre-Bénite, que j'atteignais sans problème. Ce parcours, entre Guillotière et Pierre-Bénite a été très agréablement effectué sous un soleil commençant à se coucher.
 
   
 
A noter la confluence avec la Sâone. Bon, je ne fais plus attention à la différence de couleur entre les deux car je passe tous les jours devant en allant au boulot. Alors …

A noter également ce fait particulier, en longeant l'autoroute, il en émane une odeur très spéciale  :'( , désagréable bien sûr, et une chaleur qui l'est tout autant. Spéciale et désagréable. Comme un brasier gigantesque, assourdissant, près à tout enflammer, mais qui reste circonscrit.
 
J'avais perdu beaucoup de temps sur mon planning prévisionnel et j'ai accéléré le mouvement afin de ne pas arriver trop tard au bivouac, pour avoir le temps d'installer le camp et de profiter de mon pote et de ce que vous savez  ;)
 
En arrivant au barrage de Pierre-Bénite, j'ai bien suivi les panneaux  :D et leurs indications : canoës traversez, sortie canoës, rampe à 20 m., avec les flèches qui vont bien. Et j'ai pu effectuer mon portage d'environ 1 km, tout de même … là … ce fut assez long. J'étais vraiment crevé en fait et j'ai rudement ressenti la fatigue accumulée de toute une journée à pagayer avec concentration et vigilance, malgré tout.
 

 
Comme une compensation, deux castors se sont glissés dans l'eau, à mon passage, c'était incroyable et complètement paradoxal  :good: . A quelques kilomètres de Lyon, entre les entrepôts d'Irigny et les dépôts de la Rhodia ... Je n'en avais plus vus d'aussi près depuis des années. Cela m'a redonné un coup de fouet.

 
Le changement inopiné d'itinéraire, le long et laborieux portage du barrage de Jonage, mes petites escales prolongées à Hawaï-sur-Rhône et à Lyon, m'ont mis en retard  :angry:  sur la fin du parcours est c'est dans la pénombre que j'ai été obligé d'installer mon bivouac, deux ou trois kilomètres en amont du point prévu. Franchement, je ne me sentais pas de naviguer dans l'obscurité naissante, même sur une courte distance, sans connaître la configuration du Rhône sur cette dernière portion.
 

 
Mon pote m'a appelé sur le téléphone portable pour me demander où j'étais. Bon, il a réussi à me trouver, mais il était sur l'autre berge, juste en face de moi. On se faisait des signaux lumineux. Lui avec les phares de sa Safrane, et moi avec le rayon de ma lampe torche étanche, watersuperproof …
 
On a échangé deux ou trois grossieretés comme on fait à chaque fois que l'on se voit … Bref … pas de victuailles, pas de tonneaux, pas de gobelets … pas de beuverie … mais une bonne nuit de sommeil  :sleeping:
 
Promis, je ferai plus court la prochaine fois  :bozo:
 
Adessias, comme on dit dans le midi.
« Modifié: 06 mai 2013, 12:45:21 par Rikou »
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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #23 le: 05 mai 2013, 20:53:22 »
 :mdr2:
 
Permets moi, Rikou, de rire de bon coeur à la lecture de tes aventures Rhodaniennes!
J'y reconnais tellement les miennes!
Les jambes qui s'enfoncent dans la vase qui pue!
Les portages trop lourds et trop longs!
Traverser une grande ville en extraterrestre! :coucou:
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Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #24 le: 06 mai 2013, 12:12:20 »
 :D  Bonjour à tous, donc rapidement voici la suite de mes aventures rhodaniennes.
 
Etape du 10/08/2012
Départ : Il de la Chèvre
Arrivée : Barrage St-Pierre-de-Boeuf
Nombre de barrages et de portages : 2 (barrage de Vaugris, portage 500 m. et barrage de St-Pierre-de-Boeuf, portage 600 m.)
Nombre de kilomètres parcourus : 42
Difficultés :
- Gros courants à Givors.
- Vent de Face entre Loire-sur-Rhône et Vienne.
- Forts courants pour la traversée de Vienne.
- Dénivelé de 18 m à la rampe de mise à l'eau après le barrage de Vaugris.
- Cette même mise à l'eau encombrée par un tronc d'arbre.
 
 :good:  A+ pour la suite ...
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Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #25 le: 11 mai 2013, 00:42:02 »
 :bravo:  Je vais tout de même un peu développer ...

Pour commencer, je dirais que cette étape n'a pas été difficile ... mais elle n'a pas été facile, non plus  :roll:  Du bivouac de l'Ile de la Chèvre jusqu'à Givors, je n'ai rencontré aucune difficulté. Le Rhône s'exprima calmement d'une voix claire et même un peu ... monotone. Je ressentis alors, non pas de la quiétude, mais, pour la première fois, de l'ennui  :blink: .
 
Il faut dire aussi que cette portion du Rhône m'est beaucoup plus familière. Elle fût, à maintes reprises, le siège de combats mémorables entre l'homme fait pêcheur, votre serviteur,  :coucou: et les plus dignes représentant de la gente aquatique que sont Maître Esox, Sieur Sander et autres percidae ...
 
La modestie  :roll:  qui me caractérise m'empêche de vous dévoiler quelles en furent, pour la grande majorité, les issues (... des combats mémorables). Cependant, sachez que nos amis à écailles n'ont pas grand chose à craindre de moi ...  :surrender:
 
Bref, c'est à Givors, que le Rhône décida de me rappeler, en douceur cependant, qui était le patron ! Il se manifesta dans ce grand virage sud-est, entre le pont de l'A47 et celui, suspendu, de Chasse, par de forts courants antagonistes m'obligeant à jouer de la pagaie avec énergie pour rester, autant que possible, dans la trajectoire que j'avais choisie.
 
J'en profitais d'ailleurs pour faire un "stop" et me ravitailler en pain et en eau.
 
Ce petit épidose passé, je profitais d'une accalmie avant de m'engager au côté de l'autoroute qui file sur Vienne. Et c'est ce moment là  <_< que choisit notre divin Eole pour déchainer sur moi notre Mistral national, un coup mollissant, un coup se renforçant. Il m'accompagna ainsi "yo-yotant", pratiquement jusqu'au barrage de Vaugris.
 
A Vienne, profitant de ma pause "déjeuner", un couple de passants étonnés de me voir ainsi attifé, me posa moult questions sur le pourquoi du comment de ma présence en ces lieux. Nous avons échangé de façon très agréable et très courtoise ... je suis resté plus longtemps que prévu du coup ... mais c'est pas grave, c'était vraiment sympathique. Ce n'est pas seulement la beauté, la sérénité, ou la naturalité que dégagent certains paysages qui rend ce périple gratifiant ou attirant. C'est aussi ces rencontres qui surviennent au détour d'une berge, d'un méandre ou d'un portage et qui rendent unique l'expérience du voyage, qui est autant extérieur, qu'intérieur. :smartass:
 

 
C'est donc au barrage de Vaugris que le vent a faibli mais où mes efforts ont redoublé  :cry2:  quand il a fallu sortir le kayak de l'eau par la rampe de 6 mètres de dénivelé, dixit l'agent de la CNR qui m'a rendu visite, plus par précaution ou sécurité fluviale que par curiosité. En conversant avec lui, j'ai tout de suite compris que je n'étais pas le premier aventurier ainsi véhiculé, qu'il voyait descendre le fleuve. Je l'ai senti un peu ... comment dire ... hermétique, à l'idée que l'on pouvait prendre du plaisir à faire ce que je faisais. Il m'a d'ailleurs accompagné très gentiment, jusqu'à la rampe située quelques centaines de mètres en aval du barrage, tout en me souhaitant "bon courage", avec un léger sourire à la commissure des lèvres, et une certaine dose d'ironie, lorsqu'il ajouta "L'aut' côté, c'était rien. Là, vous avez 18 mètres de dénivelé !" ... Je l'entends encore se marrer ... intérieurement.  <_<
 
   
 
Vaugris, vous l'avez compris aussi, c'est un gros portage. Pas tellement en longueur, 500 mètres environ, mais surtout à cause de la configuration. Des rampes abruptes donc, mais également un danger supplémentaire lié à la circulation, assez soutenue. Pour rejoindre la rampe en aval, on doit traverser la route qui mène à Ampuis, côté rivé droite, et qui est démunie de passage protégé pour les piétons et encore moins protégé pour les piétons munis de leur embarcation. J'avais donc décidé de faire deux voyages pour ménager ma peine. Un pour le matos et un autre pour le kayak ... autant dire tout de suite que j'ai perdu énormément  :colere:  de temps. D'autant plus que cette fameuse autre rampe en aval était obstruée par un ENORRRRRMEU tronc d'arbre, posé là, en plein mitan, par la dernière crue. "Nous, on nettoie pas les rampes, c'est le Rhône qui s'en charge ..." dixit mon binôme de fortune. Bon.
 
J'atteignais Saint-Pierre-de-Boeuf assez tard, vers 19h30. J'avais quitté le bivouac à 09h45 ce matin là ... et c'est soulagé et encore une fois éreinté, que j'accostais rive droite, en amont du barrage, par la première cale venue. Encore quelques efforts pour nettoyer la câle passablement encombrée de troncs d'arbres et végétaux divers ... encore quelques efforts pour hisser le kayak sur le petit sentier en léger surplomb ... et ... encore quelques efforts pour dresser le bivouac et préparer la tambouille.
 
Enfin, dans un élan de sagesse, Môssieur Rhône me gratifia d'un magnifique soleil couchant dont il a le secret. Me faisant oublier, momentanément, les petites courbatures et autres bobos, stigmates d'une journée d'efforts soutenus ... :saint:
 

 
A+ pour la suite  ;)
« Modifié: 19 mai 2013, 22:41:13 par Rikou »
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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #26 le: 19 mai 2013, 22:34:07 »
 :D  Bonjour à tous
 
Me revoila pour poursuivre la narration de mon voyage en "Rhodanie". :voyons: (Mouais, je sais que cela n'existe pas, mais je trouve ça joli) :yes:
 
Assez fatigué de la journée précédente, ce matin là, je me suis levé plus tardivement. Après un petit café et une petite omelette, j'ai levé le camp pour commencer cette magnifique journée ensoleillée par un petit portage. Et ouais ... je suis comme ça moi ... je tape dedans d'entrée de jeu.
 
Bon, je ne suis pas allé loin. J'ai fait un stop au Snack de l'espace Eaux Vives. C'était juste au moment où sont arrivés ... les pompiers. Il n'y avait rien à éteindre, personne à sauver, ni aucun chat à sa mémère à aller chercher en haut d'un arbre parce qu'il n'a pas été foutu de redescendre tout seul.
 
En fait, ils venaient s'entrainer dans la rivière artificielle. C'était la section kayak ou un truc comme ça. Il y avait de sacrés gaillards, avec des bras comme mes cuisses et des épaules aussi larges que la porte d'Aix à Marseille. Pour ceux qui connaissent, en général on compare la largeur de la porte d'Aix à Marseille à la largeur de ... la décence m'empêche, ici, d'aller plus loin dans le détail, sachez cependant que la "chose" est souvent "bordée de nouilles", "farci" (si, si, j'ai déjà entendu ça) ou encore qu'on y a le feu. D'où les pompiers  :blink:
 
Bref, j'en profite pour commander un café, un jus d'orange et je demande au gars à l'allure rugbistique, qui est derrière le comptoir, s'il veut bien avoir l'amabilité de me remplir les 4 bouteilles d'eau que je lui tends. C'est avec courtoisie qu'il prend mes bouteilles et qu'il me demande ce que je fais là. Je lui répond que je descends le Rhône avec mon kayak, je bois mon café, je prends une gorgée de jus d'orange et il m'offre un deuxième café. Sympathique tout ça. Je vais plus loin dans la conversation et lui demande quelques infos sur la suite du parcours immédiat, après la barrage. "Attends je t'appelle Fred ... Et Fred ! Ya un gars qui descend le Rhône en Kayak là ..." Bon, le Fred arrive, je m'explique, on discute, il me rancarde sur la suite, super cool ... Je serre quelques louches massives, pleines de doigts, dont une qui appartient aux "larges épaules". Me voyant discuter avec Fred, certains ont pensé que je méritais une salutation virile mais néanmoins polie.
 
Après cette franche lippée, je prenais congé ... tirais le kayak jusqu'à la rampe ... et filais une nouvelle fois à bord de mon Rotomod d'occasion, au rythme que m'imposait le Rhône.
 
Du barrage jusqu'à Sablons, on traverse la réserve naturelle de l'Ile de la Platière. La navigation y est interdite sur le vieux-Rhône, du barrage jusqu'au niveau de Charnas. Et sur l'espèce de lône qui file à l'Est du Rhône, depuis Limony jusqu'à Sablons. Fred m'en avait parlé et m'avait rassuré car je ne me voyais pas faire demi-tour. La navigation y est tolérée (du moins sur le vieux-Rhône) si l'on n'accoste pas. Il demande une autorisation à chaque fois qu'il organise une descente jusqu'à Sablons. Mais il semblerait que pour un kayakiste isolé cela ne pose pas trop de problème.
 
Voila encore un exemple, à mes yeux, de ce qui caractérise le Rhône et de ce que j'appelle sa "naturalité". Au sortir d'un espace aménagé, canalisé et artificiel, il vous laisse pénétrer et admirer des espaces sauvages et soudains, aussi furtifs et passagers qu'un bolide interstellaire filant dans la pénombre zénithale d'une douce nuit d'été.
 
Arrivé après Sablons, au barrage de régulation, je me suis souvenu que Fred m'avait dit que la faible intensité du courant permettait d'approcher d'assez près cet ouvrage. Et c'est donc au plus près que je décidais de hisser le kayak sur la rive. Après des efforts soutenus et un déjeuner amplement mérité, je vidais le kayak de son contenu pour le porter délicatement à la surface de l'eau, juste après le barrage, rembarquais tout le matos, et voguais, fier comme un pinson dans l'eau (...)
 

 
Sur cette portion, rien de difficile. Le ton général était vraiment paisible et sans nuage. Serein quoi. Profitant d'une rampe en rive gauche, juste avant le pont de la route départementale qui sépare Andancette et Andance, j'ai pu apprécier ici, les abords fleuris, campagnards et enchanteurs du Rhône.
 
   
 
Et sans crier gare, comme à l'accoutumée, au détour d'un de ses grands virages, le Rhône me montra, au dépend d'un voilier coincé sur un haut fond sablonneux, qu'il était résolument le patron.
 
Poursuivant jusqu'au barrage d'Arras, je sortais tranquillement mon kayak, utilisant la rampe magnifiquement indiquée ... et ... dégagée ... Pour une fois !
 

 
Beaucoup de pêcheurs à cet endroit. Vu le matériel, des carpistes certainement. Et alors que je me faisais houspiller par une espèce de chose poilue, sans queue ni tête, au tirant d'eau très faible, la panse raclait le sol ... je vis un véhicule de la CNR s'approcher de moi, sans précipitation, mais sûrement. Comme si de rien n'était, ignorant les éternuements de cet ersatz de chien qui me collait aux basques et halant mon kayak avec le plus grand naturel dont je puisse faire preuve, je répondais, fermement, mais promptement au conducteur du 4x4 CéNéRiste, qui me demandait : "Vous allez où comme ça ?", hochant de la tête pour désigner mon fidèle Ysak : "Ben, je vais à la plage. Et vous, vous allez où, avec ça ?", animé du même hochement pour désigner le véhicule qui les transportait ... les veinards. Je ne sais pas pourquoi j'ai répondu ça ? Par mimétisme peut-être, un coup de mou dans la cabèche, une absence causée par les eaux enivrantes du Rhône ou ... une géniale fulgurance (euh oui, ça peut arriver ). Toujours est-il que l'ambiance en a été ... très détendue. Je ne sais pas quelle était leur première intention en m'abordant, mais j'ai un très bon souvenir de ces deux types de la CNR. On a échangé un moment. Ils m'ont parlé du type qui s'était échoué plus en amont, poussé par le vent sur un banc de sable. Ils m'ont proposé leur aide et ils ont transporté mes sacs étanches les plus lourds, qu'ils ont posés délicatement, juste en haut de la rampe, en aval du barrage. Alors là, chapeau les gars. La classe internationale et MERCI encore.
 
      
 
C'est plein d'une confiance nouvelle en l'espèce humaine qui n'est peut-être pas si perdue que cela, que j'ai repris le fil de l'eau à bord de mon modeste mais précieux esquif. Traversant Tournon-sur-Rhône et Tain-L'Hermitage, oscillant entre Ardèche et Drôme, j'arrivais en fin de journée, dans le calme et la quiétude du Rhône qui me tendait son vieux bras. Là-aussi beaucoup de pêcheurs et s'est avec énormément de précautions, que j'accédais à la rampe, cernée de cannes et de fils tendus en direction du fleuve stoïque aux drames sous-marins qui se jouaient en son sein.
 

 
Mon arrivée suscita la curiosité de certains d'entre eux. Surtout les plus jeunes ."Et m'sieur, vous venez d'où ? Hein ? Quoi ? Vous allez jusqu'à la mer !!!  Mais vous êtes fou et les barrages, vous faites comment ? Ah ouais ... et vot' canoe-kayak vous le portez comment ? Ouah le chariot !!! J'peux essayer m'sieur, oh put..., c'est lourd. Allez m'sieur on peut vous aider ? " Et voila comment je me suis retrouvé entouré de plusieurs gamins en vacances? Ce grand blond là, il vient du Nord, l'autre, le petit bavard, il est de Dijon, et cet autre, avec sa tronche de dernier de la classe et qui n'arrête pas de dire conneries sur conneries, il vient de Marseille. Il est encore sous le coup, des coups plutôt, de la veille ... Enfin, j'ai été accompagné par cette joyeuse et insouciante tripotée de copains de fortune, jusqu'à mon lieu de bivouac. On est resté quelques minutes puis le blond là, il m'a souhaité bonne nuit, le petit bavard, bon soir, et le dernier de la classe ma gratifié d'un "bon courage m'sieur ..."
 
Je montais le bivouac dans la pénombre, bzzzz ... bzzzz ... PAF ! ... Ca y est ... les moustiques sont là ... je branche le répulsif. Enfin je l'allume. Je m'envoie mon petit poulet au curry en poudre ... Après 50 kilomètres et 4 portages, je me réfugie dans ma toile de tente ... zzzzzzzip. M'infiltre dans mon duvet ... rezzzzzzip ... Ca y est, je dors ... ron ... ron ... ron
 
« Modifié: 15 mai 2014, 19:41:23 par Rikou »
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Descente du Rhône en kayak - Bis et fin ... pour l'instant
« Réponse #27 le: 23 mai 2013, 16:50:08 »
 :D
 
Bip bip … bip bip … bip bip … D'une main à peine ouverte et d'un œil encore fermé,  je cherchais mon téléphone pour faire cesser cette « syncopée » matinale.

 
05h30 !!!  :eek:  Tiens, j'ai dû me tromper hier soir en programmant mon réveil. C'est pas grave, je profiterai ainsi d'une navigation matinale et arriverai d'autant plus tôt au barrage de Rochemaure, ma destination finale et lieu de mon prochain bivouac.

 
Grosse journée donc, puisque il y a plus de 50 kilomètres à parcourir (53 kilomètres d'après le compteur « Google earth ») et deux portages à effectuer. Le premier, d'environ 700 mètres, au barrage de Charmes-sur-Rhône puis le second au barrage de Loriol, pour un peu plus de 600 mètres.

 
Donc, après avoir pris un bon « ptit dej », démonté le bivouac, fait un petit ravitaillement au Bar-Tabac-Presse-Pmu à La Roche-de-Glun, je poussais une fois de plus mon kayak à l'eau par la magnifique rampe à côté de laquelle j'avais planté ma tente.

 
Il faut dire que ce bivouac fut vraiment sympa. :good: De la belle herbe rasée de près, une douce mélodie jouée par un petit ruisseau coulant juste derrière les grands arbres qui entouraient cette clairière artificielle, mais très agréable, dans laquelle, la veille, mes compagnons éphémères m'avaient accompagné.

 
Avant de retrouver, plus loin sous le barrage, le Rhône élargit, je naviguais quelques centaines de mètres dans cette petite lône dont le niveau d'eau n'était pas très important mais où pullulaient une quantité impressionnante de carpes, certainement accompagnées de chevesnes et autres blanchailles avec lesquelles elles partageaient l'espace aquatique au-dessus duquel je naviguais. Et ce, avec beaucoup de précautions, pour ne pas heurter d'un coup de pagaie intempestif, les gueules béantes et autres arrêtes dorsales, qui émergeaient ici et là en pseudo-gobages successifs.

 
Quel spectacle incroyable de voir ces orbes se former sur toute la surface de l'eau, telles des explosions de gouttes invisibles, dont les ondes se propageaient pour se perdre inexorablement dans toutes les directions.

 
Je filais calmement vers ce goulet du fond de lône, et franchissait son petit rapide sans aucune difficulté. Ce ne fut pas le Rubicon, encore moins le Styx, mais il y avait un petit quelque chose de ces deux-là, dans cet étroit passage. Comme une frontière ténue entre deux mondes, réunis dans un même univers.

 
De l'autre côté, je retrouvais alors le Rhône et son lot de pêcheurs, que je croisais en barque ou sur les berges.  Certains d'assez près pour échanger un regards courtois, complice, presque fraternel. Je sentis que nous étions ici et maintenant, mus par une passion commune du Rhône, aux multiples facettes, appréciant avec bonheur, volupté et simplicité, ce que nous offrait ce fleuve imprévisible.

 
Imprévisible. Comme cette soudaine brise sournoise qui commença tout d'abord par me lécher timidement le haut de la nuque.  :colere:

 
Oui . Imprévisible. Telle cette masse noire, étouffant ses congénères diffus évoluant dans une couche inférieure, et couvrant l'horizon de son voile obscure. :colere:

 
Définitivement imprévisible. Tel  ce changement de rythme insufflé à cette brise de tout à l'heure qui se transforma en un souffle puissant, descendant à grands coups de bourrasques le couloir rhodanien, tapant avec force sur chacune des pales de ma pagaie double dès que celles-ci se trouvaient hors de l'eau. :colere:

 
C'est ainsi, soumis aux assauts répétés de Maître Eole, que j'approchais très difficilement de la confluence avec le Mialan. Le vent redoublait d'intensité et les vagues qui se formaient tout autour de moi, commençaient à parer leurs crêtes naissantes d'un panache d'écume blanche qui ne me disait rien de bon. Par trois fois je faillis chavirer, évitant de peu le « plouf » tant redouté. Jouant de mon arrière train pour rétablir, in extremis, la gîte de mon fidèle Ysak qui décrivait,  malgré mes efforts, la plus aléatoire des trajectoires, libérée (la trajectoire) de toute influence que votre humble serviteur, croyait avoir sur elle. :mur:

 
Par la force des choses et surtout par celle du vent, je m'arrêtais rive droite dans un endroit un peu abrité. J'attendais quelques instants pour voir comment évoluerait la situation. Cela ne semblait pas se calmer, bien au contraire.

 
Mon timing était assez serré et je ne pouvais pas me permettre d'attendre un jour sur place, que le vent baisse.  :help: Je téléphonais à la responsable Logistique et Maintenance à Terre de l'expédition, Isabelle, mon épouse, pour qu'elle se renseigne sur la météo à venir … Vent à plus de 60 km/h dans la vallée du Rhône … et  plus de 80 km/h annoncé pour le lendemain.

 
Je ne savais plus quoi faire je dois l'avouer. Sincèrement, je n'avais pas assez confiance en ma maîtrise du pagayage pour continuer ma route dans ces conditions. J'avais encore en tête le souvenir humide du « plouf » de Chancy-Pougny et je ne voulais pas revivre cette expérience désagréable. En fait je ne me voyais pas rester un jour en « stand by ». Mon objectif était de rejoindre la méditerranée … et un stop forcé d'un jour aurait mis à mal cet objectif.

 
Que faire … Le kayak était complètement sorti de l'eau et posé sur le côté, comme un cheval blessé. J'étais encore harnaché quand un gros coup de vent me fit prendre, à regret, la décision finale d'arrêter là mon aventure rhodanienne.

 
J'avais pris ma décision. J'appelais la responsable Logistique et compagnie … pour lui annoncer la chose. C'est en fin d'après-midi qu'elle venait me récupérer.

 
C'est avec une drôle d'impression :'( et un goût amer d'inachevé que je quittais les berges boisées du Rhône. Et en faisant le trajet inverse, entre bitume et trafic autoroutier, je me promettais solennellement de réitérer l'expérience …

 
Coûte que coûte …

 
Vaille que vaille …

 

 
Et c'est ainsi que … :good:
« Modifié: 23 mai 2013, 17:19:51 par Rikou »
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Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #28 le: 23 mai 2013, 20:23:50 »
Difficile mais sage décision  :jap:

Mieux vaut s'arrêter en état de grâce qu'avec les regrets d'avoir essayé de continuer.

Alors tu la finis quand cette descente du Rhône? :D
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Re : Re : Descente du Rhône en kayak - Bis
« Réponse #29 le: 23 mai 2013, 21:31:30 »
Alors tu la finis quand cette descente du Rhône? :D

Et bien je repars très bientôt. :D  Les congés sont posés et signés depuis un bon moment. Le matos est près.  :good: J'ai revu l'étanchéïté de mon fidèle Ysak. J'ai procédé à quelques changements de matériel mais aussi dans l'itinéraire et la longueur des étapes.
 
Donc je pars ... dans 10 jours. Le 1er juin. Rendez-vous au Bouveret, en Suisse, là où le Rhône entre dans le Lac Léman. Enfin, presque là !
J'ai hâte d'y être.  :bravo:
 
Vivement bientôt.
« Modifié: 24 mai 2013, 17:26:05 par Rikou »
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