Un nouveau projet de barrage sur le Haut-Rhône Français: "Rhônergia"

Démarré par rio, 19 Décembre 2023, 11:19:59

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M16

Ce projet d'aménagement est inscrit dans la loi n° 2022-271 du 28 février 2022 relative à l'aménagement du Rhône
les textes sont disponibles ici
https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000045058743/

On peut y lire:
Le concessionnaire finance et réalise le programme de travaux supplémentaires suivant :
... l'étude et, le cas échéant, la réalisation d'un nouvel aménagement hydroélectrique en amont du Confluent de l'Ain (secteur Saint‑Romain de Jalionas) d'une puissance maximum brute estimée à environ 40 MW ;

"Cet aménagement veille à s'inscrire dans la réalisation des objectifs de la politique énergétique nationale, en vue d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050, définis à l'article L. 100-4 du code de l'énergie et pris en application de l'article L. 100-1 A du même code"

rake51

Merci pour tous ces liens Philippe.

De toute, façon, comme énoncé par le sous-préfet lors de la réunion de concertation du 15 janvier dernier, c'est l'état qui est plus ou moins derrière tout ça, et ce qui me fait un peu peur, c'est que malgré le nombre de contestations à ce projet, si l'état décide d'appuyer sur le bouton "marche", le projet passera de gré ou de force.

Après, l'idée, c'est de montrer que le Rhône, ce n'est pas qu'une simple piste cyclable qui passe à côté, mais bien plus que cela.

Si jamais tu souhaites nous rejoindre dans l'association AUPER (Association des Usager des Plans d'Eau et Rivières), n'hésite pas!
Tes contributions, et la richesse de tes connaissances nous apporterons beaucoup!!!


M16

Bonsoir Yves,

Comme indiqué dans l'annexe: Suite à une demande de l'état un projet de barrage à Loyette est étudié à partir des années 70. "Ce programme global fait l'objet d'une enquête publique le 15 février 1980. Après avoir rencontré
une forte opposition locale conduite par le comité de Coordination pour la Défense du fleuve Rhône et
de la rivière d'Ain (CODERA), qui regroupe des élus et des associations, il est arrêté. L'État en notifie la
suspension à CNR le 23 janvier 1996. Il justifie sa décision par l'intérêt écologique de la confluence de
l'Ain (qui bénéficie depuis du statut de site classé au titre du Code de l'environnement) et l'importance
des emprises foncières sur les terres agricoles que la construction du canal d'amenée aurait rendu
nécessaires."

Il est donc nécessaire que tous les opposants s'associent comme ce fut le cas, pour l'instant la cause n'est pas perdue, faut il toutefois que l'opposition soit forte. A noter que l'ARPARA, la FNE, la LPO et l'association Lo Parvi travaillent de concert. il semble donc bon de se rapprocher de ce groupement qui a par ailleurs dressé une liste de question que l'on trouve ici, questions dont la CNR n'a toujours pas apporté de réponses, pas plus qu'aux questions posées par le CSPRN.
https://concertation-rhonergia.fr/files/post_media/Questionnements%20sur%20le%20dossier%20de%20concertation%20Rhonergia.pdf

Concernant le monde du kayak, dans sa communication au sujet de ce barrage la CNR fait référence à la FFCK. Quand on sait que la FFCK est sous tutelle d'EDF et que les clubs locaux ont pour principal mécène la CNR il n'est pas difficile d'en déduire qu'aucune opposition ne viendra de cette structure.

Enfin, me concernant je suis indisponible pour plusieurs semaines (mois). Mes connaissances s'arrêtent à ce que tout un chacun peut glaner sur Internet, sachant que je n'ai qu'un compte fb  sur lequel je n'ai quasiment aucune activité et que je ne suis sur aucun des autres réseaux sociaux ou s'échangent très certainement des informations sur ce sujet. N'ayant pas non plus de smartphone je ne suis pas concerné par les groupes whatsapp et consœur Donc rejoindre Auper, pourquoi pas mais je ne pense pas que je serai tres utile pendant les semaines à venir.

Concernant d'autres sources d'information et points qui peuvent être utilisés pour s'opposer à ce projet:
On trouve dans un plan d'adaptation au changement climatique, réalisée en 2014, de nombreux arguments. On peut d'ailleurs comprendre que ce plan est non seulement réaliste mais que les projections sont très optimistes, si l'on considere le niveau du lac de Serre-Ponçon, de la Saone ou du Rhône durant l'été dernier.
Ce plan fait souvent référence à des incertitudes qui, 9ans après sa publication, peuvent être confirmées, l'évolution étant beaucoup plus rapide que prévue.
Dans cette étude disponible ici https://www.eaurmc.fr/upload/docs/application/pdf/2017-05/2014-plan-bassin-changement-climatique.pdf
On peut lire Page 10 "Des projections à long terme - au moins 40 ans pour les équipements les plus structurants - nécessitent d'être menées afin de s'assurer de la rentabilité d'un aménagement en fonction de son niveau d'utilisation et de la disponibilité de la ressource"
Page 16 " La tendance à l'assèchement est généralisée sur l'ensemble du bassin Rhône-Méditerranée d'après
les modèles climatiques. Elle serait plus marquée au nord de la confluence Rhône-Isère sur des territoires a priori non familiers des situations d'assèchement."

Sur le site du European Water Movement http://europeanwater.org/fr/
on peut lire: "le Rhône est en train de passer d'un régime nivéal à un régime pluvial, et son débit moyen devrait être divisé par 3 en 2100. Une diminution de débit de cette ampleur provoquera obligatoirement une forte baisse de la production hydroélectrique. Il faut donc s'interroger sur la pertinence à développer l'hydroélectricité (ou tout au moins une certaine forme d'hydroélectricité) en vue de la transition énergétique."
(Il pourrait être d'ailleurs bon de se rapprocher de ce mouvement afin qu'il se joigne au cortège des opposants.)

Sur le site de l'Observatoire Régional Climat Air Energie Auvergne Rhône-Alpes
https://www.orcae-auvergne-rhone-alpes.fr/analyses-thematiques/energie/la-production-denergie-en-auvergne-rhone-alpes#:~:text=La%20production%20des%20EnR%20thermiques,d'EnR%20de%20la%20r%C3%A9gion.
on peut lire dans le chapitre: La production des filières d'énergie renouvelable
"La production hydro-électrique est en net recul par rapport à 2021 (-22%) dû à un déficit de pluviométrie ayant entrainé une sécheresse importante. Cette tendance est observée au niveau national avec un recul de 23% de la production hydro-électrique française entre 2021 et 2022 (d'après le panorama de l'électricité renouvelable 2022 publié par RTE"

En outre sur le même site en allant dans l'onglet "Données Territoriales" et en cliquant sur un territoire, nous avons accès à un nombre très important de données concernant le climat, l'air ou l'énergie et en ce qui concerne ce projet nous pouvons lire sur le territoire de la plaine de l'Ain " On observe, à partir des années 90, une baisse du bilan hydrique annuel, sur tous les départements d'Auvergne-Rhône-Alpes,
ainsi que des déficits hydriques de plus en plus importants au printemps et en été. Ces évolutions sont dues
essentiellement à l'augmentation de l'évapotranspiration des végétaux, du fait de l'augmentation générale des
températures.
• Le bilan hydrique annuel a diminué de -151 mm à Ambérieu-en-Bugey entre les périodes 1963 - 1992 et 1993 - 2022."

Toujours sur le même site sur la page impact du changement climatique
 https://www.orcae-auvergne-rhone-alpes.fr/analyses-thematiques/climat/impacts-du-changement-climatique

"En 30 ans, les eaux du Rhône se sont déjà réchauffées de 2°C à son embouchure en été. Le réchauffement des eaux pourrait aggraver le problème de la qualité de l'eau en favorisant le développement de bactéries et la colonisation d'algues et d'espèces invasives et/ou pathogènes. En parallèle, la capacité d'autoépuration des milieux pourrait baisser, ainsi que la capacité de dilution des cours d'eau."

"La pression sur une ressource diminuée et de moindre qualité pourrait entraîner des conflits d'usage de plus en plus marqués : concurrence entre l'irrigation des cultures, la production énergétique (notamment hydroélectrique) et le tourisme. Ainsi, la tension en période d'étiage risque de s'aggraver fortement là où elle existe déjà, et apparaître sur des territoires aujourd'hui en situation de confort hydrique."

"Enfin, le tourisme d'eau (sports nautiques, canoë-kayak, thermalisme...) pourrait souffrir de la sécheresse induite par le changement climatique et du manque d'eau qu'il entrainera inévitablement en été (rivières, lacs...)."

"L'accès à l'eau est primordial pour la production d'électricité, notamment pour les barrages hydroélectriques (stockage des eaux de surface) et les centrales nucléaires (refroidissement des réacteurs).
Ainsi, la diminution de la ressource en eau (sécheresse et étiages sévères) pourra entraîner une diminution du potentiel hydroélectrique et avoir des conséquences sur les conditions de production des centrales thermiques, notamment nucléaires."

En bref, quelle que soit la décision prise, les éléments ne manquent pas pour dire que les chiffres sur lesquels se projet repose, que ce soit en terme de production comme du cout de construction, sont erronés, surestimés pour la production car basée sur le débit actuel du Rhône et sous estimé pour le cout de construction du barrage. Quand à l'impact environnemental il est aussi largement sous estimé ne prenant pas en compte les éléments disponibles sur site de l'observatoire régional.